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La salle de lecture

Listes de lecture, portes d'entrée vers les classiques et notes prises au comptoir.

Poche ou grand format : ce qui change, ce qui ne change pas
Formats

Poche ou grand format : ce qui change, ce qui ne change pas

Papier, reliure, composition : ce que l'on paie dans un grand format, et quand le poche est le meilleur exemplaire.

Entre le grand format et le poche, il n'y a pas seulement un écart de prix. Ce sont deux objets différents, fabriqués pour des usages différents, et le meilleur des deux dépend de ce qu'on veut en faire.

Ce qui change vraiment

Le grand format sort le premier, en général un à deux ans avant le poche. Il a un papier plus épais, des marges plus larges, une composition plus aérée et une couverture souvent à rabats. Il se tient mal d'une main et se lit assis. Le poche a un papier plus fin, des marges serrées, un corps de texte plus petit — et il se glisse dans une poche de manteau.

Ce qui ne change pas

Le texte. Sauf mention explicite d'une édition abrégée ou adaptée, le poche contient exactement le même roman. Une réédition en poche ajoute parfois une préface ou un appareil de notes, rarement l'inverse.

Choisir selon l'usage

  • À lire dans les transports, à annoter, à prêter : poche.
  • À offrir, à garder, à relire dans dix ans : grand format.
  • Un classique étudié, avec notes et dossier : poche d'une collection scolaire — c'est là que l'appareil critique est le plus complet.
  • Une traduction récente d'un texte étranger : souvent disponible en grand format seulement pendant un à deux ans.

Un mot sur les couvertures

Un même titre peut exister sous cinq couvertures différentes selon l'année et la collection. Sur chaque fiche de cette librairie, la couverture affichée est celle de l'édition que nous expédions, avec son éditeur et son ISBN. C'est la seule manière de savoir ce qu'on reçoit.

De Tintin à Urasawa : un rayon en dix albums
BD

De Tintin à Urasawa : un rayon en dix albums

Classiques franco-belges, romans graphiques et mangas qui ont leur place dans toute bibliothèque.

Bande dessinée franco-belge, roman graphique et manga sont rangés au même endroit et n'ont presque rien en commun : ni format, ni rythme de parution, ni sens de lecture. Voilà comment s'y retrouver.

L'album franco-belge

Quarante-huit pages cartonnées, en couleur, une histoire complète par volume. C'est le format de Tintin, d'Astérix, de Blake et Mortimer, de Thorgal. On peut prendre n'importe quel tome : les séries sont conçues pour être lues dans le désordre, sauf quelques cycles explicitement numérotés.

Le roman graphique

Un volume unique, souvent épais, souvent en noir et blanc, avec un auteur seul au scénario et au dessin. Maus d'Art Spiegelman et Persepolis de Marjane Satrapi ont fait entrer la bande dessinée dans le rayon des récits autobiographiques et documentaires — et ce sont de bonnes portes d'entrée pour un lecteur de romans.

Le manga

Petit format, noir et blanc, lecture de droite à gauche, et des séries qui vont de trois à plus de cent volumes. Les séries longues se lisent dans l'ordre, sans exception. Les récits clos en un à quatre volumes — chez Jirō Taniguchi notamment — sont le meilleur point de départ pour qui n'a jamais lu de manga.

Dix albums pour construire un rayon

  • Un Tintin de la période tardive, pour le dessin au sommet de la ligne claire.
  • Un Astérix de Goscinny, pour le texte autant que pour le dessin.
  • Maus, puis Persepolis : deux récits vrais qui se lisent comme des romans.
  • Un Blacksad, pour voir jusqu'où va l'aquarelle en bande dessinée.
  • Un Taniguchi, pour comprendre ce que le manga fait du silence.
  • Un Urasawa, pour le suspense tenu sur des milliers de pages.
Comment lire Proust pour de vrai (et y prendre goût)
Classiques

Comment lire Proust pour de vrai (et y prendre goût)

Commencer par Swann, lire vingt pages par jour, laisser les phrases faire le travail. Une méthode douce.

À la recherche du temps perdu a une réputation d'épreuve. Elle vient moins du texte que de la manière dont on l'aborde : en voulant tout lire, vite, et en se jugeant à la page.

Commencer par Du côté de chez Swann

Le premier volume, paru en 1913, contient déjà tout : la mémoire involontaire, la jalousie, les salons. Il se referme sur Un amour de Swann, une histoire d'amour autonome qu'on peut lire seule. Beaucoup de lecteurs s'arrêtent là pendant des années, et c'est une lecture complète.

Vingt pages par jour, pas davantage

Les phrases de Proust sont longues parce qu'elles suivent une pensée qui se corrige en avançant. Lues à la vitesse d'un roman contemporain, elles deviennent illisibles ; lues lentement, elles se déplient sans effort. Vingt pages par jour font le premier volume en trois semaines, et c'est le bon tempo.

Trois habitudes qui aident vraiment

  • Lire à voix basse les phrases qui résistent : la ponctuation redevient audible.
  • Ne pas chercher à retenir les noms. Ils reviennent, et le texte les rappelle.
  • Garder un poche plutôt qu'une édition reliée : Proust se lit dans le métro.

Et si ça ne prend pas

Reposez le livre. Proust vieillit bien sur une étagère et ne s'offense pas. Beaucoup de lecteurs y reviennent après trente ans et trouvent enfin le texte facile — ce n'est pas le livre qui a changé.